Deux menaces du printemps sont souvent sous-estimées : l'épillet, qui migre silencieusement dans le corps, et la chenille processionnaire, dont le contact peut nécroser la langue en quelques heures. Voici comment les reconnaître et réagir vite.
L'essentiel à retenir
L'épillet ne ressort jamais seul : il migre et s'enfonce, une consultation rapide évite des complications parfois lourdes. Le contact avec une chenille processionnaire est une urgence vétérinaire absolue : rincez abondamment la gueule à l'eau et foncez chez le vétérinaire, la nécrose de la langue peut s'installer en quelques heures.
Le retour des beaux jours multiplie les balades, mais aussi les dangers propres à la saison : les épillets se détachent des graminées sèches, les chenilles processionnaires descendent des pins pour s'enterrer, et les tiques, réactivées par la douceur des températures, redeviennent actives dans les herbes hautes. Ces trois risques se concentrent sur la même période, du printemps jusqu'au début de l'été selon les régions.
Un épillet est l'extrémité sèche d'un épi de graminée sauvage, en forme de petite flèche munie de crochets qui lui permettent de progresser dans une seule direction une fois accroché — dans le pelage, puis dans la peau. Il ne ressort jamais seul : sans intervention, il continue de migrer et peut provoquer un abcès, une otite, une conjonctivite ou un ulcère de cornée selon la zone touchée.
Un chien qui secoue la tête violemment ou se gratte l'oreille de façon répétée après une balade en zone d'herbes hautes.
Une boiterie soudaine, un léchage insistant d'une patte, parfois un gonflement localisé entre deux doigts.
Des éternuements violents et répétés (nez), ou un œil qui reste fermé et larmoie anormalement (œil).
Une inspection régulière et une réaction rapide limitent l'essentiel des complications.
Oreilles, entre les doigts, autour des yeux et du museau, en particulier pour les races à poil long ou aux oreilles tombantes.
Une tentative maladroite peut le fragmenter et compliquer son retrait, qui nécessite alors souvent une intervention vétérinaire.
Secouement de tête, boiterie soudaine, œil fermé ou éternuements violents justifient une consultation dans la journée, pas une semaine d'attente.
Un pelage court entre les doigts réduit nettement les zones où un épillet peut s'accrocher.

Cocker Anglais
Les poils urticants des chenilles processionnaires (du pin ou du chêne) libèrent une substance qui provoque une irritation immédiate au contact — peau, yeux, bronches, et surtout la langue lorsqu'un chien renifle ou mordille une chenille ou une procession au sol. La langue gonfle, blanchit puis peut nécroser en 24 à 48 heures, avec un risque réel de perte partielle de la langue dans les cas les plus sévères.
Selon les données du Centre antipoison animal et environnemental, le chien représente la grande majorité des cas d'exposition recensés, avec une atteinte de la cavité buccale dans plus de 9 cas sur 10. Face à un contact suspecté (salivation soudaine et abondante, pattes qui grattent la gueule, gonflement visible), rincez abondamment la gueule à l'eau courante pendant plusieurs minutes, avec des gants pour vous protéger, puis foncez chez le vétérinaire sans attendre l'aggravation des signes.

Teckel
Les nids de chenilles processionnaires forment des masses blanchâtres soyeuses visibles dans les branches des pins, surtout en hiver et en tout début de printemps. C'est au moment de la descente des arbres pour s'enterrer, généralement entre février et avril selon les régions, que le risque de contact au sol est le plus élevé : les chenilles avancent alors en file, formant une procession caractéristique.
Autour d'un bois de pins ou d'un parc connu pour en héberger, mieux vaut tenir son chien en laisse et éviter qu'il ne renifle le sol le long des troncs ou dans l'herbe environnante pendant cette période.
Le printemps marque aussi la reprise d'activité des tiques, réactivées par la douceur des températures et la pousse des herbes hautes. Le sujet est suffisamment vaste pour mériter son propre article : retrouvez la méthode d'inspection après balade, la technique de retrait au crochet et les protections adaptées dans notre article dédié aux vermifuges et antiparasitaires.
Contre les tiques

par Dexter & Mango
Une alternative d'origine végétale à base de géraniol, à appliquer chaque semaine selon le poids du chien. Dès 6 mois, jamais sur un chat ; en cas de doute, demandez conseil à votre vétérinaire. Elle ne dispense pas d'inspecter le chien après chaque balade.
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Un épillet peut-il ressortir tout seul ? Non : sa forme en crochet ne lui permet d'avancer que dans une seule direction, jamais de reculer — sans intervention, il continue de migrer.
Combien de temps ai-je après un contact avec une chenille processionnaire ? Chaque minute compte : la nécrose de la langue peut débuter en quelques heures, le rinçage immédiat et la consultation vétérinaire ne doivent pas attendre.
Faut-il éviter toutes les balades en forêt de pins au printemps ? Pas nécessairement, mais mieux vaut tenir le chien en laisse et éviter les zones où un nid ou une procession au sol a été repéré, surtout entre février et avril.
Les épillets touchent-ils seulement certaines races ? Toutes les races peuvent être touchées, mais les oreilles tombantes et les silhouettes basses au ras du sol augmentent le risque de contact et d'accroche.
À retenir
Ces deux dangers printaniers demandent des réflexes opposés : patience et consultation rapide mais non-urgente pour un épillet suspecté, action immédiate et rinçage sans attendre pour un contact avec une chenille processionnaire. Bien les distinguer permet de réagir avec la bonne intensité, sans minimiser un vrai risque ni paniquer inutilement pour l'autre.

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