Prendre la bonne décision, choisir le chien adapté à votre vie, adopter en refuge ou chez un éleveur sérieux, éviter les pièges, connaître les démarches légales et réussir les premières semaines : tout pour accueillir un chien de façon responsable.
Accueillir un chien est l'une des décisions les plus engageantes de la vie d'un foyer : c'est dix à quinze ans de présence quotidienne, de dépenses, de contraintes d'organisation et d'attention. Un chien adopté sur un coup de cœur, sans que la question ait été vraiment posée, est un chien qui risque de se retrouver au refuge quelques mois plus tard — c'est la première cause d'abandon en France.
Bien adopter, ce n'est donc pas d'abord choisir une race qui plaît, c'est répondre honnêtement à trois questions : est-ce le bon moment ? le chien a-t-il sa place dans notre mode de vie tel qu'il est aujourd'hui ? sommes-nous prêts à assumer ce qui ne nous fait pas envie, comme les sorties sous la pluie, les nuits écourtées d'un chiot ou les frais vétérinaires imprévus ?
Ce guide déroule tout le parcours : réfléchir avant de se lancer, cerner le chien qui correspond à votre quotidien, choisir entre chiot et adulte, adopter en refuge ou chez un éleveur sérieux, reconnaître le trafic de chiots, chiffrer le budget d'installation, remplir les obligations légales, préparer votre logement, puis réussir l'arrivée et les premières semaines.
Un chien ne se prend pas pour combler un vide passager, pour « responsabiliser » un enfant, pour faire plaisir à un proche ou parce qu'une portée était disponible au bon moment. Ces motivations produisent des adoptions fragiles : l'enfant se lasse, la vie change, et le chien devient une charge que plus personne ne veut porter. La bonne raison d'adopter, c'est de vouloir partager sa vie avec un chien en connaissance de cause, en ayant accepté à l'avance ce que cela coûte en temps, en argent et en liberté.
Un chien ne se donne pas non plus en cadeau surprise. La loi française interdit d'ailleurs de céder un animal de compagnie en lot ou en prime, ou de l'attribuer par tombola ; offrir un chiot à Noël à quelqu'un qui ne l'a pas demandé est une fausse bonne idée qui remplit les refuges chaque mois de janvier. Si un proche souhaite réellement un chien, le plus beau cadeau est de l'accompagner dans sa réflexion et sa recherche, pas de choisir l'animal à sa place.
Enfin, prenez en compte le calendrier : une adoption tombe mal juste avant un déménagement, un changement de poste, une naissance, ou une longue période où personne ne sera disponible pour aider un chiot à faire ses nuits et à apprendre la propreté. Rien n'oblige à adopter maintenant — un chien attendra toujours d'être accueilli dans de bonnes conditions.
Le test des vacances
Avant d'adopter, demandez-vous concrètement qui gardera le chien lors de vos absences, combien cela coûtera, et si cette contrainte est tenable chaque année. Si la réponse est floue, l'adoption l'est aussi.

Beagle
C'est le cœur d'une adoption réussie : le chien doit s'insérer dans votre vie telle qu'elle est, pas dans celle que vous aimeriez avoir. Passez en revue, sans vous raconter d'histoires, vos conditions réelles.
Le logement : un appartement n'est pas rédhibitoire, même pour un grand chien calme, mais il impose des sorties suffisantes et un chien qui ne s'exprime pas par des aboiements. Un jardin ne remplace jamais les promenades : un chien laissé seul dans un jardin s'ennuie autant qu'enfermé. Vérifiez aussi votre bail et le règlement de copropriété.
Le temps disponible : un chien adulte équilibré supporte quelques heures de solitude par jour, à condition d'avoir été habitué progressivement et d'être bien dépensé le reste du temps. Un chiot, lui, ne peut pas rester seul plus de quelques heures les premiers mois et demande une présence quasi continue au début. Si votre foyer est vide dix heures par jour sans solution de relais, ce n'est pas le moment.
L'activité : soyez lucide sur votre énergie réelle, pas sur vos bonnes résolutions. Un chien de berger ou un chien de chasse a besoin d'une à deux heures d'exercice et de stimulation mentale par jour, tous les jours, y compris quand il pleut et quand vous êtes fatigué. À l'inverse, beaucoup de chiens s'accommodent très bien de trois sorties tranquilles et d'un peu de jeu.
Le budget et l'entourage : le chien représente un coût mensuel et des frais imprévus (voir plus bas), et il concerne tout le foyer. Assurez-vous que chaque personne vivant sous le même toit est d'accord, qu'il n'y a pas d'allergie, et que vos projets des prochaines années restent compatibles avec un chien.

Border Collie
Un chien « de race », au sens strict, est un chien inscrit à un livre généalogique (le LOF en France) : ses origines sont connues sur plusieurs générations et son tempérament comme son physique sont relativement prévisibles. C'est un atout quand on a des attentes précises (taille adulte, niveau d'énergie, aptitudes) et le temps d'attendre une portée chez un éleveur sérieux. Un chien qui ressemble à une race sans être inscrit au LOF est un chien « d'apparence » ou « de type » : il n'offre pas les mêmes garanties de prévisibilité.
Un chien croisé cumule souvent le meilleur des races qui le composent et, statistiquement, une bonne robustesse. Son tempérament adulte est un peu moins prévisible qu'un chien LOF, surtout adopté chiot, mais un croisé adulte a déjà révélé son caractère.
Adopter en refuge, c'est offrir une seconde chance à un chien qui en a besoin, souvent pour un coût très inférieur à un achat, et avec l'accompagnement d'une équipe qui connaît l'animal. On y trouve tous les profils : chiots, adultes, seniors, chiens de race abandonnés, croisés. Le refuge peut vous orienter vers un chien dont le caractère correspond à votre demande — c'est tout l'intérêt d'adopter un adulte dont la personnalité est déjà formée.
Aucune de ces voies n'est « meilleure » dans l'absolu : elles répondent à des besoins différents. Ce qui compte, c'est d'adopter au bon endroit — un refuge ou une association sérieuse, ou un éleveur passionné — et jamais dans le circuit du trafic.

Épagneul Breton
La pire façon de choisir un chien est de partir de son apparence ou de sa popularité du moment. Les races « à la mode » se retrouvent quelques années plus tard surreprésentées dans les refuges, une fois que leurs propriétaires ont découvert leurs besoins réels. Raisonnez plutôt à partir de critères concrets.
La taille adulte détermine l'espace nécessaire, le coût de l'alimentation et des soins, la facilité de transport et la force à gérer en laisse. Un grand chien mal éduqué est bien plus difficile à récupérer qu'un petit.
Le niveau d'énergie est le critère le plus sous-estimé. Renseignez-vous sur la fonction d'origine de la race : un chien conçu pour courir derrière un troupeau ou chasser toute la journée ne se contentera pas d'un pâté de maisons. À l'inverse, certaines races de compagnie et certains molosses sont plutôt calmes.
Le toilettage représente du temps et un budget récurrents : un poil long ou frisé demande un brossage plusieurs fois par semaine et des passages réguliers chez le toiletteur, un poil double perd abondamment deux fois par an.
Le caractère et la santé de la lignée : privilégiez un tempérament stable et sociable, et informez-vous sur les prédispositions médicales de la race (dysplasie, problèmes respiratoires des chiens à face plate, affections oculaires ou cardiaques) — elles pèsent sur le confort du chien et sur votre budget vétérinaire.
Nos fiches de races détaillent, pour chaque race, le caractère, le budget, l'espérance de vie et les points de santé à connaître : un bon point de départ pour comparer objectivement.
Attention aux races à face plate
Bouledogue français, carlin, bulldog anglais : ces races très populaires souffrent fréquemment de troubles respiratoires, oculaires et de la peau. Si vous y tenez, choisissez un éleveur qui sélectionne sur des museaux plus dégagés et des narines ouvertes, et prévoyez un budget santé élevé.

Berger Australien
Adopter un chiot, c'est accompagner le chien depuis le début : on choisit son éducation, sa socialisation, ses habitudes. Mais c'est aussi plusieurs mois exigeants — propreté à installer, nuits hachées, dents qui percent et objets rongés, socialisation à mener activement entre 3 semaines et 3 mois — et une part d'inconnu sur le tempérament et la taille adulte, surtout pour un croisé. Un chiot demande une vraie disponibilité les premières semaines.
Adopter un chien adulte, souvent en refuge, offre une prévisibilité que le chiot n'a pas : sa taille, son poil, son niveau d'énergie et son caractère sont déjà là, et l'équipe du refuge peut vous dire s'il s'entend avec les enfants, les chats ou les autres chiens. Beaucoup d'adultes sont déjà propres et savent rester seuls. Il faudra en revanche du temps et de la patience pour qu'il prenne ses marques, et parfois travailler sur un passé difficile.
Adopter un chien senior est une démarche généreuse : ces chiens attendent longtemps en refuge, sont généralement calmes et posés, et offrent des années de complicité tranquille. Il faut accepter des frais vétérinaires plus élevés et une espérance de vie commune plus courte. Notre guide du chien senior détaille l'accompagnement d'un chien qui vieillit.

Bouvier Bernois
Les refuges (SPA, fondations, refuges municipaux) et les associations de protection animale, souvent organisées en familles d'accueil, recueillent des chiens abandonnés, saisis ou trouvés errants. Adopter chez eux, c'est libérer une place pour un autre chien et s'appuyer sur des gens qui connaissent l'animal au quotidien.
La procédure est encadrée : entretien pour cerner votre mode de vie et vos attentes, présentation de plusieurs chiens correspondant à votre profil, parfois une ou plusieurs visites avant de décider, une pré-visite du domicile pour certaines associations, puis la signature d'un contrat d'adoption. Ce filtre n'est pas là pour vous juger mais pour éviter un nouvel échec au chien.
Les frais d'adoption (de l'ordre de 150 à 300 € selon la structure et l'âge, souvent un peu plus pour un chiot) ne sont pas un « prix » : ils couvrent l'identification, les vaccinations, la stérilisation, le bilan vétérinaire et parfois une première éducation. C'est presque toujours bien moins que le coût réel de ces prestations menées séparément.
Le chien vous est remis identifié et à jour de ses vaccins, avec sa carte d'identification, son carnet de santé et son certificat de stérilisation le cas échéant. Vérifiez que le changement de détenteur est bien enregistré auprès du fichier national d'identification (I-CAD) à votre nom.
Le contrat d'adoption vous protège aussi
Un bon contrat prévoit ce qu'il se passe si l'adoption échoue : la plupart des refuges et associations reprennent le chien plutôt que de le laisser être revendu ou réabandonné. Lisez cette clause avant de signer.

Staffordshire Bull Terrier
Si vous tenez à une race précise et à un chiot, passez par un éleveur passionné, pas par un intermédiaire. Un bon éleveur produit peu de portées, connaît chacun de ses chiots, sélectionne ses reproducteurs sur la santé et le caractère autant que sur le standard, et fait passer les tests de dépistage recommandés pour la race (dysplasie, tares oculaires, tests ADN selon les cas).
Les signes qui rassurent : l'éleveur vous fait visiter, vous montre la mère et le lieu de vie des chiots, pose lui-même beaucoup de questions sur votre projet, ne sépare pas les chiots de la portée avant huit semaines, remet tous les documents (certificat de naissance ou pedigree, identification, certificat vétérinaire, document d'information), et reste joignable après la vente. Il n'est pas rare qu'un éleveur sérieux ait une liste d'attente.
Les signes qui alertent : plusieurs races différentes proposées en même temps, des chiots « toujours disponibles », un refus de faire visiter, une remise sur un parking ou une aire d'autoroute, un prix anormalement bas, l'absence de la mère, des papiers incomplets, ou une pression pour conclure vite. Dans ce cas, renoncez : « sauver » un chiot dans ces conditions revient à financer l'élevage qui produira le suivant.

Braque Allemand
Depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiens et de chats en animalerie est interdite en France. Les chiots qui circulent encore hors des refuges et des élevages déclarés viennent souvent de filières à fuir.
Les petites annonces entre particuliers sont très encadrées : toute annonce de cession, même gratuite, doit mentionner le numéro d'identification de l'animal ou le numéro SIREN de l'élevage, l'âge des animaux, leur nombre, et l'inscription ou non à un livre généalogique. Une annonce sans ces mentions, avec des photos de chiots trop jeunes, ou proposant plusieurs races, doit être écartée.
Le trafic de chiots — souvent importés d'Europe de l'Est, séparés de leur mère beaucoup trop tôt, sans vaccination réelle, avec des papiers falsifiés — est une réalité massive. Ces chiots arrivent en mauvaise santé, mal socialisés, et déclenchent parfois des maladies graves (parvovirose) dans les jours qui suivent l'achat. Le prix cassé, l'urgence, l'impossibilité de voir la mère et le lieu de naissance sont les marqueurs constants de ce circuit.
La règle est simple : on adopte là où l'on peut voir d'où vient le chien. Un refuge, une association identifiée, un éleveur qui vous ouvre sa porte. Tout le reste se refuse, quelle que soit la peine que l'on ressent pour l'animal.
Céder à la pitié entretient le trafic
Acheter un chiot « pour le sortir de là » ne le sauve pas : cela libère une place et finance la portée suivante. Le bon réflexe est de signaler l'annonce ou le vendeur, pas de payer.

Spitz nain
Le prix d'acquisition n'est qu'une petite part de ce que représente un chien. Il faut y ajouter un budget d'installation, puis un coût mensuel récurrent et des frais imprévus tout au long de sa vie.
De 150 à 300 € environ en refuge (tout compris), quelques centaines à plus de mille euros chez un éleveur selon la race.
Panier, gamelles, laisse, harnais, collier avec médaille, caisse de transport, brosse, jouets : compter 150 à 300 €.
Si non fait par le cédant : identification, primo-vaccinations, vermifuge, éventuelle stérilisation (150 à 400 € selon la taille).
Alimentation de qualité, antiparasitaires, petit matériel, toilettage : de 40 à 100 € par mois selon la taille et la race.
Visite de contrôle et rappels de vaccins : de l'ordre de 100 à 200 € par an hors problème de santé.
Accident, maladie chronique, chirurgie : une intervention lourde dépasse vite 1 000 à 2 000 €. À provisionner ou à assurer.
Anticiper les imprévus
Avant même l'arrivée du chien, ouvrez une épargne dédiée ou souscrivez une assurance santé animale. C'est le meilleur moyen de ne jamais avoir à choisir un soin en fonction de son prix.

Cocker Anglais
Le certificat d'engagement et de connaissance est obligatoire depuis le 1er octobre 2022 pour toute première acquisition d'un chien. Le cédant (refuge, association, éleveur, particulier) doit vous le remettre, et vous devez le signer au moins sept jours avant de récupérer l'animal : ce délai de réflexion est prévu par la loi et ne peut pas être raccourci. Le document rappelle les besoins de l'espèce et le coût d'entretien d'un chien.
L'identification (puce électronique, ou tatouage encore valable s'il est antérieur) est obligatoire pour tout chien et doit être faite avant toute cession, aux frais du cédant. À l'adoption, la carte d'identification vous est remise et le changement de détenteur doit être enregistré auprès du fichier national I-CAD dans les huit jours — vérifiez que c'est bien fait à votre nom, c'est ce qui permet de vous retrouver si le chien se perd.
Les autres documents de cession que le cédant doit fournir : une attestation de cession, un document d'information sur les besoins et les caractéristiques du chien, et un certificat vétérinaire de moins de trois mois (obligatoire pour une vente, vivement recommandé pour un don). Pour un chien inscrit au LOF, s'ajoutent le certificat de naissance puis le pedigree définitif.
Un chiot ne peut pas être séparé de sa mère avant l'âge de huit semaines. Méfiez-vous de tout cédant qui propose un chiot plus jeune : c'est illégal et lourd de conséquences sur son comportement futur.
Chiens catégorisés
Certains chiens de type « attaque » ou « défense et garde » (catégories 1 et 2) sont soumis à des obligations spécifiques : permis de détention, formation du maître, évaluation comportementale, assurance, muselière et laisse dans l'espace public. Renseignez-vous en mairie avant d'adopter un chien concerné.

Teckel
Tout doit être prêt avant que le chien franchisse la porte : c'est plus simple pour lui comme pour vous, et cela évite les achats en catastrophe.
Ranger produits ménagers, médicaments et plantes toxiques, protéger les câbles, bloquer l'accès aux escaliers pour un chiot, fermer poubelle et placards bas.
Un couchage dans un endroit calme, à l'écart du passage, où il ne sera pas dérangé quand il s'y repose. C'est son refuge.
Deux gamelles, un point d'eau toujours accessible, et le même aliment que celui donné par le cédant pour les premiers jours.
Laisse, harnais ou collier ajusté, médaille gravée avec votre téléphone, sacs à déjections prêts près de la porte.
Quelques jouets solides et un ou deux jouets à mâcher ou à garnir, utiles pour canaliser un chiot et occuper un chien qui reste seul.
Se mettre d'accord en famille, avant l'arrivée, sur les interdits (canapé, lit, pièces) et les mots employés : la cohérence rassure le chien.

Jack Russell Terrier
Idéalement, faites arriver le chien un jour où vous serez présent plusieurs jours d'affilée — un début de week-end ou de congés — mais sans inviter tout le voisinage à venir le voir. Le chien découvre une maison, des odeurs et des humains inconnus d'un coup : la journée doit être calme et sans surstimulation.
À l'arrivée, conduisez-le d'abord au jardin ou en promenade courte pour qu'il se soulage, puis laissez-le explorer la maison à son rythme, sans le porter ni le forcer. Montrez-lui son coin, sa gamelle d'eau, et laissez-le se reposer s'il en a besoin. Évitez de le couvrir de caresses et de le suivre partout : on le laisse venir.
La première nuit est souvent difficile, surtout pour un chiot qui vient de quitter sa fratrie. Installer son couchage dans votre chambre les premières nuits, quitte à le rapprocher progressivement de l'endroit définitif ensuite, limite les pleurs et l'angoisse sans créer de mauvaise habitude.
Dès les premiers jours, posez une routine stable : mêmes horaires de repas, mêmes lieux et moments de sortie, mêmes règles appliquées par tout le monde. Sortez un chiot très fréquemment (au réveil, après chaque repas, après chaque jeu) et félicitez chaudement chaque élimination dehors : c'est ainsi que s'installe la propreté.
La règle des 3 jours / 3 semaines / 3 mois
Beaucoup de chiens adoptés mettent environ 3 jours à décompresser, 3 semaines à comprendre la routine du foyer, et 3 mois à se sentir pleinement chez eux. Un chien discret ou en retrait la première semaine n'est pas un chien « raté » : il s'adapte.

Bichon Frisé
Une fois la phase de décompression passée, les premières semaines servent à construire la relation et à installer les fondations. Rien ne se joue en force : on récompense ce qui va bien, on ignore ou on redirige ce qui ne va pas, et on reste constant.
La propreté se termine d'installer par la répétition et la patience (sorties fréquentes, félicitations dehors, aucune punition en cas d'accident). La solitude se travaille progressivement dès que le chien est un peu rassuré : absences très courtes d'abord, allongées par paliers, sans dramatiser les départs ni les retours — c'est le meilleur moyen de prévenir l'anxiété de séparation.
L'éducation de base (le nom, le rappel, « assis », la marche sans tirer) se pratique en séances très courtes et positives, plusieurs fois par jour, avec des friandises adaptées. Pour un chiot, la socialisation reste prioritaire jusqu'à trois mois : lui faire vivre, en douceur et sans le submerger, un maximum de situations, de sons, de surfaces, de personnes et de congénères équilibrés.
Prévoyez enfin une visite chez le vétérinaire dans les premiers jours : bilan de santé, vérification de l'identification et des vaccins, calendrier des rappels et de l'antiparasitaire, et discussion sur la stérilisation. C'est aussi l'occasion de faire connaissance avec la clinique qui suivra le chien.

Berger Malinois
Nos recommandations pour l'éducation des premières semaines

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Avec des enfants, l'adoption se prépare en amont : expliquer que le chien n'est pas un jouet, qu'on ne le dérange pas quand il mange ou qu'il dort, et qu'on ne le poursuit pas. Les premières semaines, aucune interaction enfant-chien ne se fait sans un adulte présent, le temps que chacun apprenne les codes de l'autre. Aménagez un espace où le chien peut se retirer et où les enfants n'ont pas le droit d'aller.
Avec un autre chien, organisez la première rencontre en terrain neutre, à l'extérieur, en promenade parallèle plutôt qu'en face-à-face, avant de rentrer ensemble à la maison. Retirez pendant quelques jours ce qui peut cristalliser des tensions (gamelles laissées au sol, jouets à valeur, paniers), nourrissez séparément, et laissez la hiérarchie se mettre en place sans intervenir tant que cela reste des mises au point normales.
Avec un chat, la cohabitation demande du temps et de la méthode : séparer les espaces au début, échanger les odeurs, présenter progressivement à travers une barrière, toujours laisser au chat des échappatoires en hauteur et un accès à sa litière et sa nourriture hors de portée du chien. Un chien au fort instinct de poursuite demande une vigilance durable.

Cavalier King Charles
Un chien qui, après quelques semaines, reste très craintif, détruit en votre absence, se montre agressif face à certaines situations ou n'arrive pas à s'apaiser, n'est pas un chien « raté » — c'est un chien qui a besoin d'aide, et le plus tôt est le mieux. Le premier réflexe est de consulter le vétérinaire pour écarter une cause médicale (douleur, trouble digestif, problème neurologique), puis de faire appel à un éducateur ou un comportementaliste qui travaille en méthodes positives et vient observer le chien chez vous.
Beaucoup de difficultés des premiers mois se résolvent avec un accompagnement : anxiété de séparation, peurs, réactivité en laisse, malpropreté persistante. Rendre le chien doit rester le dernier recours, après avoir réellement cherché des solutions.
Si l'adoption ne peut vraiment pas se poursuivre, la conduite responsable est de revenir vers le refuge, l'association ou l'éleveur d'origine : la plupart s'y sont engagés par contrat et sont les mieux placés pour replacer le chien. On ne revend pas un chien sur une petite annonce et on ne l'abandonne jamais — c'est un délit. En cas de vice caché révélé par le vétérinaire dans les jours suivant une vente (certaines maladies héréditaires ou contagieuses sont légalement reconnues comme « vices rédhibitoires », avec des délais d'action très courts), un recours contre le vendeur est possible.
Demander de l'aide tôt, pas quand tout est bloqué
Un comportement gênant se corrige d'autant mieux qu'il est récent. Contacter un professionnel dès les premières semaines, plutôt qu'après des mois d'installation du problème, change complètement le pronostic.

Boxer
Deux de nos articles conseils complètent utilement la préparation d'une adoption.

Le détail poste par poste du budget d'un chien, de l'alimentation aux frais vétérinaires : à lire avant de décider si le moment est le bon.
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Lire l'articleVaut-il mieux adopter en refuge ou acheter chez un éleveur ? Les deux sont de bonnes options quand elles sont bien menées. Le refuge convient si vous êtes ouvert sur la race et souhaitez souvent un adulte au caractère déjà connu ; l'éleveur sérieux se justifie si vous tenez à une race précise et à un chiot. Ce qu'il faut éviter dans tous les cas, c'est le circuit des annonces douteuses et du trafic.
Combien de temps faut-il pour qu'un chien adopté s'habitue ? Comptez en moyenne trois jours pour décompresser, trois semaines pour intégrer la routine, et trois mois pour se sentir vraiment chez lui. Un chien réservé la première semaine est un chien qui s'adapte, pas un chien inadapté.
Quel budget prévoir la première année ? Entre les frais d'adoption, l'équipement, la santé initiale et le coût courant, la première année revient souvent à 800–1 500 €, davantage pour un grand chien ou une race à entretien élevé, sans compter un éventuel problème de santé.
Le certificat d'engagement est-il vraiment obligatoire ? Oui, depuis octobre 2022, pour toute première adoption d'un chien, et il doit être signé au moins sept jours avant de récupérer l'animal. Un cédant qui ne le propose pas n'est pas en règle.
Peut-on adopter un chiot de 6 semaines s'il est « prêt » ? Non. La cession d'un chiot avant huit semaines est interdite, et une séparation trop précoce d'avec la mère et la fratrie laisse des traces durables sur le comportement. Un cédant qui le propose est à éviter.